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Euro, le Paradoxe de l’Histoire

Souvent considérée, à juste tire, comme la compétition entre nations la plus dure à gagner, l’Euro a pourtant été le théâtre des plus grandes surprises de l’histoire du football. Comment donc des équipes sorties de nulles parts comme le Danemark 1992 ou la Grèce 2004 ont-elles pu s’imposer dans un tel tournoi ? Tentative d’explication.


Sans sourciller, tout le monde s’accorde à dire que la compétition ultime du Football, le trophée le plus prestigieux, celui qui fait fantasmer des milliards de personne demeure, bien entendu, la Coupe du Monde. Mais, là encore, de l’avis générale, c’est bien le championnat d’Europe qui demeure la compétition internationale au plateau le plus relevé.

Plus dense que le Mondial avec ses 32 participants, il est bon ton de rappeler qu’à l’Euro aucun match n’est facile, aucun droit à l’erreur n’est accordé, et ce dès le premier match. Pas de joker, au contraire d’un Mondial où des matchs face à la Chine ou la Jamaïque peuvent permettre aux gros poissons de souffler. Bref, l’Euro c’est la Coupe du Monde en mieux, Argentine et Brésil exceptés. Et ce n’est pas la France, la R.Tchèque ou la Suède, des pays pourtant habitués à sortir des poules, qui diront aujourd’hui le contraire.

Pourtant, une statistique tant à prouver que l’Euro s’offre au plus grand nombre et est donc plus "jouable" que sa grande sœur Coupe du Monde. En effet, les 10 dernières éditions de la Coupe du Monde n’ont vu arrivé en finale, en tout et pour tout, que 6 équipes différentes (sur 20) : Brésil, Italie, Allemagne, Pays-Bas, Argentine, France.

Dans ce même laps temps, l’Euro a connu le double de finaliste, 12 donc, avec surtout les victoires danoise et grecque. Comment ce chiffre s’explique-t-il, alors que l’Euro compte 2 fois moins de participants et qu’il est plus difficile à gagner (donc à priori, plus propice aux gros calibres) ?

Fraîcheur physique en question

Le premier argument a avancé est justement le fait qu’une Coupe du Monde est plus longue donc plus difficile à gérer pour une petite équipe. Argument peu recevable car un Euro c’est juste 1 match de moins (le 1/8e de finale) qu’une CM.Ce seul match supplémentaire semble un peu léger pour expliquer ce constat. Même si dans ce genre de compétition de plus en plus serrée, c’est désormais la fraicheur physique qui fait la différence. Surtout que le temps de préparation à l’événement est sensiblement le même - 2 semaines et demi pour la France - que ce soit pour un Euro ou une Coupe du Monde.

Partout chez soi en Europe

En se basant encore une fois sur les 10 dernières éditions des tournois, une piste est à explorer. 5 des 10 dernières CM ce sont jouer hors d’Europe. Or, aucune équipe du Vieux Continent n’a alors réussi à ramener le trophée sur ses terres. Les compétitions hors du cocon européen semblent nécessitées une adaptation logistique, humaine et sportive trop importante même pour les grandes nations européenne et donc à fortiori pour les plus petites. Et donc ainsi, limité grandement les surprises finales.

A contrario, de par sa relative proximité entre les états, un Euro, où qu’il se joue, n’est finalement pas trop éloigné de n’importe quelle patrie. Et même si géographiquement l’éloignement est conséquent, le brassage des communautés et l’historique immigration intra-européenne fait qu’il existe toujours dès connivences enter chaque pays d’Europe. Ainsi, en 2008 par exemple, l’Allemagne finaliste est quasi chez elle en Autriche et la Turquie (1/2 finale) a put compter sur ses nombreux expatriés Suisses et Autrichiens. Sans même parler du climat globalement tempéré qui n’écarte aucune nation à priori.

Prédominance de la Ligue des Champions sur l’Euro ?

Bien que le registre soit différent, c’est bien la vampirisante Ligue des Champions qui sert de référence européenne, pas l’Euro. Tous les ans, c’est en ce jardin qu’on lieu les joutes de l’élite du Vieux Continent. Consommateur d’énergie sans pareil, elle est l’objectif ultime des meilleurs joueurs du Monde, qui du coup peuvent dans leur tête faire passer les compétitions nationales et surtout une autre compétition européenne comme l’Euro au second plan. Ce qui ne sera pas le cas d’une Coupe du Monde, qui continu d’alimenter les rêves des meilleurs joueurs du monde désireux de rentrer dans le panthéon du football.

Théâtre d’affrontement entre les meilleurs clubs anglais, espagnols et italiens et de leurs ressortissants, la LdC expose largement moins les nations de second plan comme la Turquie, la Grèce ou le Danemark en son temps, celles-ci arrivent donc du coup avec un effet de surprise et une fraicheur physique et mentale largement supérieure. Bénéfice prépondérant quand on sait à quel point ce genre de tournoi se joue dorénavant sur ce point là. Il suffit de voir le onze de Manchester pour s’en rendre compte, puisque aucun de ses titulaires, éblouissants en C1, n’auront marqué de leur empreintes l’Euro 2008 (les Anglais ne s’étant même pas qualifiés). Et l’exemple le plus criant est bien entendu le cas Cristiano Ronaldo puisque le génie Portugais, intenable tout au long de l’année à été banal cet été. Et c’est plutôt du coté de la surprenante Russie et d’Archavine qu’il faut trouver le joueur le plus flamboyant du tournoi austro-suisse.

Plus de relâchement que pour un Mondial

Bien que légèrement moins relevé, la Coupe du Monde reste un des plus grands événements planétaires qui soient. Ce qui s’accompagne bien tendu d’une pression sans pareil. Ce qui a pour conséquence de voir les équipes surprises - donc à priori avec moins de pression au départ - s’écrouler immanquablement aux portes de la finale, cime inatteignable pour les "petits". L’Euro, bizarrement, semble plus abordable pour une sélection totalement relâchée et à la tactique apprise par cœur et appliquée religieusement sur le terrain.

Ainsi la Grèce 2004, dépourvue de talents individuels, s’en est totalement et uniquement remis à son unique organisation défensive, certes parfaite, pour broyer des équipes du calibre de l’Espagne, la France, la R.Tcheque ou le Portugal. La même Grèce qui n’a jamais inscrit le moindre but ni marqué le moindre point dans l’histoire de la Coupe du Monde !

Cas similaire pour le Danemark 1992, bien que dans un style radicalement opposé. Là, c’est au contraire son allant offensif et la fraîcheur de son jeu qui ont amené des Scandinaves sans la moindre once de pression du résultat jusqu’à la victoire finale. Ne devant initialement même pas participé au tournoi, ils doivent uniquement leur présence à un repêchage suite à l’exclusion de la Yougoslavie, en plein conflit. Arrivés les mains dans les poches, considérant chaque match comme du bonus et comme l’occasion de se faire plaisir, les Danois déroulent leur football et éliminent tous les favoris sur leur passage : France, Angleterre, Pays-Bas, Allemagne. Du jamais vu. Alors qu’en Coupe du Monde, la meilleure place Danoise s’arrête à un 1/4 de finale.

Totalement irréelles et improbables, les victoires du type de la Grèce 2004 et du Danemark 1992, semble ainsi tout bonnement impossible lors d’une Coupe du Monde où les équipes surprises se fracassent inéluctablement en dernier lieu à l’écueil des demi-finales (récemment Turquie, Corée du Sud, Croatie...)

On l’a vu, plusieurs raisons peuvent expliquer la litanie de surprise que l’on constate lors des derniers Euro, pourtant de plus en plus relevé et donc compliqué à décrocher. Mais les surprises et l’incertitude inhérente au football, ont encore de beaux jours devant eux et pas mal de compétition à pimenter. Et il n’a pas manqué grand chose pour que La Turquie ou la Russie ne vienne ajouter son nom à la liste.






1 Message

  • par pista - 13/07/2016 13:08

    100 Euros ne valeront jamais une étoiles de Coupe du monde.

    Les équipes ne jouent pas les euros comme les coupes du monde. Coupe du monde est le graal suprême.

 

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