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Des Hommes de Gauche


Submergé par l’argent, le Football semble n’être devenu qu’un vulgaire business. Et si les supporters apparaissent comme les derniers représentants d’un sport qui se veut populaire et solidaire, il existe encore quelques rares joueurs à profiter de leur image pour véhiculer des valeurs sociales et politiques. Cette tradition de footballeurs libres penseurs connait son heure de gloire dans les années 70 et se raréfie après l’arrêt Bosman. Nous avons donc réuni ici l’équipe-type des joueurs de gauche, le onze des hommes aux idées socialistes/communistes/altermondialistes/humanistes. Hasta la Victoria Siempre.

Volker IPPIG
IPPIG
Javi POVES
POVES
Lilian THURAM
THURAM
OLEGUER Presas
OLEGUER
Paul BREITNER
BREITNER
Diego MARADONA
MARADONA
Damiano TOMMASI
TOMMASI

SOCRATES
SOCRATES

Carlos CASZELY
CASZELY

Cristiano LUCARELLI
LUCARELLI
Eric CANTONA
CANTONA

Remplaçants :
Paolo Sollier (militant d’extrême-gauche),
Javier Zanetti (soutien au mouvement zapatiste du sous-commandant Marcos),
Vikash Dhorasoo (Engagé auprès du PS),
Dominique Rocheteau (Ange Vert de la LCR),
Johan Cruyff (football total et humanisme),
Igor Protti, Riccardo Zampagna et Fabrizio Miccolli (sympathisants communistes italiens)

Entraîneur : César Luis Menotti

- Volker IPPIG : Qui dit "de gauche" dit forcément Sankt Pauli. En effet, la réputation antifasciste et anarchisante du club de la ville d’Hambourg et du quartier qui porte son nom n’est plus à faire. Et son gardien entre 1986 et 92 en est un bel emblème. Avant même de garder les cages de l’équipe première, il décide à 18 ans de partir 2 ans dans un camp d’étude sandiniste (mouvement d’extrême gauche) au Nicaragua. De retour au pays, il s’impose comme titulaire et profite de chacune de ses entrées sur la pelouse pour faire le salut des travailleurs à ses supporters.

- Javi POVES : Le cas Javi Poves est unique. En 2011, alors qu’à 25 ans il évoluait jusque là avec l’équipe B du Sporting Gijon, il décroche enfin une place dans l’équipe A, pensionnaire de la Liga. Évoluer parmi l’élite : le rêve de tout footballeur en herbe. Mais Poves est différent et fait passer avant toute chose sa vision de la vie et ses valeurs. Déjà dégoûté de ce football-business où ne règne que l’argent-roi, il décide tout simplement d’arrêter sa carrière, mort-née, de professionnel. Radical, comme ses idées. Depuis, en bon altermondialiste, il voyage à travers le globe (Sénégal, Sibérie, Cuba, Iran) à la recherche d’une terre où le capitalisme ne serait pas roi. C’est beau putain.

- OLEGUER Presas : Autre exemple de cette jeunesse ibérique engagée et biberonnée à la grave crise que connait l’Espagne : Oleguer se pose là. S’il n’a pas été aussi loin que Poves, le Catalan est de tous les engagements sociaux, au niveau national et (surtout) régional. Indépendantiste convaincu, le défenseur détonne à une époque où le footballeur type fait plutôt dans le bling-bling et le véhicule de sport rutilant. Au Barça de 2001 à 2008, il "cotise pour sa retraite à Amsterdam" et fini logiquement sa carrière à l’Ajax.

- Lilian THURAM : "Il ne suffit pas de se balader avec des livres sur l’esclavage, des lunettes et un chapeau pour devenir Malcolm X" ironisait en 2010 Patrice Evra sur son ancien coéquipier en Equipe de France. Et si pour certains, comme l’actuel latéral de la Juve, l’engagement politique de Thuram n’est qu’une posture médiatique, le recordman des sélections en Bleu a tout de même pour lui quelques faits d’armes. Notamment dans la lutte contre le racisme, son cheval de bataille. Proche du Parti Socialiste sans s’encarter, il se dit publiquement contre Sarkozy lors des Présidentielles et sera un temps membre du Haut Conseil à l’intégration.

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Breitner fan de Mao

- Paul BREITNER : Breitner est l’homme d’une époque : les années 70. Coupe de cheveux afro improbable, dégaine de hippie et idéaux de gauche qui vont avec. C’est aussi la décennie où le communisme et les idées libertaires ont le vent en poupe chez les jeunes et le joueur allemand ne fait pas exception, au même titre que son adversaire néerlandais Johan Cruyff. Electron libre et iconoclaste, il se déclare maoïste et lecteur des ouvrages de Marx et Lénine. Pas à une contradiction près, il s’est aussi avéré être très dur en affaire et très regardant sur ses salaires. Sa petite touche de rigueur allemande certainement...

- Damiano TOMMASI : Quand on évoque les joueurs emblématiques de la Roma de ces dernières années, on pense immédiatement à Totti ou De Rossi. Pourtant, Damiano Tommasi est bel et bien de ceux là, même si, contrairement à ses deux compères, il a évolué sous d’autres maillots que celui de la Louve. Milieu défensif de devoir, grand ratisseur de ballon, il avait pour habitude de se sacrifier pour ses coéquipiers. Avec lui c’est : "dis moi comment tu joues, je te dirais quelles sont tes opinions politiques". Vous l’aurez compris, sa solidarité dans le jeu n’a d’égal que celle dans le civil où on le connait croyant et à l’écoute des autres. Une fois sa carrière terminée, il devient logiquement le président du syndicat des footballeurs italiens, espérant appliquer son discours alternatif à un Calcio plombé par la violence et la corruption.

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Maradona avec ses potos Morales, Chavez et Castro

- Diego MARADONA : Ah Diego ! Insaisissable sur le terrain, il l’est aussi en dehors. Symbole parfait de l’homme de la rue (voire du bidonville) argentin, il y va toujours de bon cœur dès qu’il s’agit de faire la nique aux puissants. La Couronne Britannique déclare la guerre à son pays dans les Malouines ? Il les humilie en leur marquant le but du siècle et la Main de Dieu. Les USA dominent le Monde et mettent l’Amérique du Sud sous leur coupe ? Maradona s’affiche à l’envie avec Castro, Chavez ou Morales. Et même si son comportement est tout sauf un exemple, El Diez demeurera toujours l’icône du peuple bleu et blanc.

- SOCRATES : Sans doute le footballeur dont les actes politiques auront eu le plus d’impact. Car l’élégant meneur de jeu auriverde ne s’est pas contenté de belles paroles, son combat, baptisé "Démocratie corinthiane", ayant marqué l’histoire du Brésil. Tout commence au début des années 80 lorsque le SC Corinthians change de mode de gouvernance : les joueurs - emmenés par leur capitaine Sócrates - ont pris le pouvoir et font dans l’autogestion. Fait unique dans les annales du football, ils nomment eux-mêmes leur entraîneur. Expérience d’autant plus utopique qu’elle se déroule en pleine période de dictature, une junte militaire détenant les pleins pouvoirs nationaux depuis le coup d’état de 1964. Logiquement, le frère de Raí et sa bande vont voir au-delà de leur club pour insuffler un véritable élan démocratique à l’ensemble du pays. Ils profitent ainsi de l’exposition médiatique du football pour faire passer leurs messages politiques : incitation au vote, à la démocratie et à la fin du régime dictatorial. En tant que leader charismatique, le "Docteur" s’associe au mouvement populaire ’Diretas Já’ qui prône l’instauration d’un vote démocratique pour le Brésil. Ces efforts vont finalement contribuer à la chute en janvier 1984 de Figueiredo et de la junte, au pouvoir pendant plus de 20 ans.

Socrates, leader charismatique

- Carlos CASZELY : S’affirmer de gauche c’est gentil, risquer sa vie et celle de ses proches pour assumer ses valeurs, c’est ça être un bonhomme. Carlos Caszely est de ceux là, lui qui a dit non à la dictature de Pinochet. International chilien, en 1974, il refuse de serrer la main de celui arrivé au pouvoir depuis peu suite à son coup d’état. Il en payera plus tard les conséquences en apprenant que sa mère a été torturée par les hommes du Général. Son histoire est d’ailleurs racontée dans le documentaire d’Eric Cantona, "Les Rebelles du Foot".

- Eric CANTONA : A l’instar de Diego, le King n’est plus à un paradoxe près. Son personnage est aussi célèbre pour ses prises de position rebelles ou anticonformistes que pour ses multiples publicités commerciales. Mais on pardonne tout à Cantona, homme du peuple au charisme légendaire. Sa carrière terminée, il n’hésite jamais à donner son avis sur des sujets de société (lors du débat sur l’Identité Nationale, il affirme "qu’être Français c’est être Révolutionnaire"), voir même à nous livrer clé en main le mode d’emploi pour mettre fin au système capitaliste sans la moindre violence :

- Cristiano LUCARELLI : En débutant cette équipe par le gardien de St Pauli, on était un peu obligé de la clore avec l’avant-centre de Livourne ; le club allemand et l’italien étant tous les deux réputés sur la scène européenne pour leur sympathie gauchisante. Et qui d’autre que Lucarelli ne méritait plus sa place ici ? Ne vous fiez pas à son CV digne d’un mercenaire, car malgré ses nombreux clubs, le seul qui a compté restera celui de sa ville de naissance. Véritable symbole des Amaranto, le Toscan - qui a tatoué le logo du club sur son bras - est aussi connu comme communiste, proche des Ultras livournais et portant sous son maillot un t-shirt à l’effigie du Che.






1 Message

  • par waynedt12 - 22/02/2015 06:48

    Cantona et Maradona de gauche ?

 

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