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Barcelone, l’utopie devenue réalité

Véritable machine à rêver, le FC Barcelone arrive à allier collectivisme et performance comme jamais auparavant. L’état d’esprit du club catalan peut être érigé au rang de véritable doctrine philosophique. Décryptage de cette pensée utopique à nul autre pareil, de son application sportive (cas individuels emblématiques à l’appui), de ses dérives et des perspectives futures.


Tout d’abord ce constat implacable : le FC Barcelone actuel est peut-être la meilleur équipe de club de l’histoire du football. En tout cas, elle côtoie des escouades comme le Real de Di Stefano, l’Inter d’Herrera et l’Ajax de Cruyff. Si ces 2 premières formations ont outrageusement dominés l’Europe en leur temps (certes à une époque qui peut s’apparenter à la préhistoire pour certains), leur façon d’y arriver n’est pas des plus romantiques avec l’écrasement de la concurrence par l’accumulation des meilleurs joueurs du moment et les achats à prix d’or des Di Stefano, Kopa ou Puskas pour le Réal et la création du catenaccio, le football défensif à outrance pour l’Inter. Le football total de l’Ajax se rapproche plus du Barça, l’équipe néerlandaise atteignant des sommets de jeu et de performance sous la houlette du génial...Cruyff, tiens, tiens...

Cruyff le gourou, Guardiola le disciple

Qui dit doctrine, dit père fondateur. Et concernant le club catalan, c’est le Hollandais volant qui s’y colle. En tant que joueur tout d’abord de 1973 à 78 et surtout en tant qu’entraîneur de 88 à 96. Il imprime au fer rouge son jeu fait de passes redoublées, de mouvement et d’allant offensif. Doctrine enseigné dès le plus jeune âge puisque des pupilles aux seniors toutes les équipes blaugranas joue de la même façon. Dans les faits, le Néerlandais mais en application son utopique ballet par le biais d’artistes de l’attaque tels Stoichkov, Laudrup, Romario ou Hagi. Le tout soutenu par des latéraux/ailiers et un milieu qui contient en son sein le cerveau de l’équipe, le véritable relai sur le pré de la philosophie "cruyffienne" : Josep Guardiola. Le même Pep qui prendra les rênes de l’équipe pour y appliquer scrupuleusement les méthodes de son maître, avec le même succès, plus fulgurant encore.

Le mariage utopique et parfait du jeu et des résultats

Car si les belles idées sont faites pour les puristes et les romantiques, le sport de haut niveau ne reconnait que la performance et les résultats. Et c’est précisément là que le FC Barcelone fait la différence sur ses devancières, en transformant l’utopie d’une équipe au jeu collectif pure en une vraie machine de guerre raflant tous les trophées sur son passage. Pour sa 1ere année d’entraîneur, Guardiola s’appuie sur le travail effectué par Rijkaard qui avait atteint les sommets trois ans auparavant pour sublimer encore plus ses joueurs : le Barça remporte 6 trophées, en clair tout ce qu’il est possible de gagner à l’échelle nationale et internationale, du jamais vu. Tous les records tombent un par un, que ce soit sur le nombre de points, de victoires ou de buts inscrits. L’excellence du jeu et du résultat est pour la 1ere fois aussi parfaitement associer. Cette année encore, on voit mal ce qui pourrait les empêcher de faire une autre moisson de titre, son adversaire national favori (le Real bien sur) ayant été laminé 5-0 en Liga le 29 novembre dernier.

Les cas Valdés, Iniesta et Messi

Si la force de l’équipe est dans le collectif, c’est en se penchant sur quelques individualités symptomatiques qu’on décrypte l’état d’esprit blaugrana. Le gardien Victor Valdés tout d’abord. Véritable maillon faible du onze barcelonais, aux qualités intrinsèques à mille lieux de celles de ses coéquipiers, le portier semblait être un choix par défaut, titularisé dès 2003 en grande partie sur le seul fait qu’il soit né à Barcelone (la question identitaire sera évoquée un peu plus loin). S’il a pas mal de boulettes à son actif, force est de constater que Valdés a progresser d’année en année, au point d’intégrer la Roja en juin 2010, juste avant le Mondial ; bien lui en a pris d’ailleurs, puisqu’il peut dorénavant se glorifier d’un titre de champion du monde (certes sans avoir jouer une seule seconde, un Lionel Charbonnier ibérique quoi). En clair, l’exemple type de l’individualité faible tiré par le haut par la collectivité.Iniesta, le lumineux métronome du milieu est lui aussi le symbole de la maison rouge et bleu. Aussi introverti que génial, au physique banal (1m69), le futur Ballon d’Or 2010 (à priori) ne cesse d’évoquer le collectif pour expliquer sa constance dans l’excellence et de louer ses coéquipiers en club comme en sélection. Bref, un des meilleurs joueurs du monde simple comme monsieur tout le monde, l’anti-star par excellence (vous avez dit Cristiano Ronaldo ?).Et que dire de Messi ? Toute bonne doctrine se doit de se forger des héros, fabriqué dans la cuisine du "parti". Le petit lutin argentin est la meilleure propagande possible, lui qui a été fait à la Masia, au propre comme au figuré puisque c’est le club qui lui a prodigué son traitement aux hormones de croissance. Pour devenir aujourd’hui le jour stratosphérique que l’on sait et qui pourrait bien effectuer toute sa carrière à Barcelone.

Identité catalane

"Més que un club" peut-on lire sur la tribune du Camp Nou. Formidable idéal sportif, le FCB est bien plus que ça, il est l’instrument de la lutte pour l’indépendance de la Catalogne, voir même un pan de son identité à part entière. Surtout sous l’influence de Laporta, président du club de 2003 à 2010, fervent indépendantiste et député du parlement catalan. Si le régionalisme n’est pas aussi poussé qu’à l’Atletic Bilbao composé exclusivement de joueur basque, le onze blaugrana comporte tout de même 8 espagnols et 5 catalans, cas extraordinaire pour un club de ce niveau (cf. Chelsea, Inter, Arsenal etc.). Pour renforcé un peu plus l’exception barcelonaise, il faut ajouter également que 8 des 11 titulaires ont été formés au club, donc façonnés à la doctrine et l’utopie locale.

L’argent nerf de la guerre

Seules quelques tâches d’ombre viennent ternir ce tableau idyllique. Les beaux principes ne vont pas forcément de paire avec la naïveté et il est évident que dans le football moderne, l’argent est primordial pour bâtir une équipe compétitive, entre autre pour assurer les salaires mirobolants des joueurs-stars. Quitte parfois à mettre la morale de côté. Pour preuve les liens aussi étroits qu’opaques qu’entretiennent les dirigeants barcelonais avec le Qatar et l’Ouzbékistan, hauts lieux de démocratie et de liberté... Concernant l’ancienne république soviétique, il s’agit plus précisément d’un partenariat doré avec le FC Bunyodkor, club de Tachkent dirigé par la fille du dictateur aux mains sanglantes Karimov.

Logo (sous influence) du FC Bunyodkor

Pour un club arborant fièrement Unicef sur son maillot, ça la fout mal...plus pour très longtemps en tout cas ! En effet, dès l’an prochain, la tradition plus que centenaire du maillot vierge de sponsor (Unicef excepté donc) sera bafouée avec l’arrivé des pétrodollars qatariens. Ce même Qatar dont la candidature (victorieuse) pour l’organisation de la CM 2022 a été soutenu par Pep Guardiola, simple coïncidence certainement...

Avenir radieux ou effondrement du rêve ?

Cette course effrénée à l’argent par tous les moyens couplé à une mauvaise gestion peuvent-elles entraîner le club à sa perte ? A priori non, toutes les grosses cylindrées européenne ayant à peu près le même genre de soucis. Même si cela peut amener une perte d’identité comme avec l’épisode du sponsor maillot qui est peut-être que le début d’une longue série. Sportivement parlant, le FCB misant beaucoup sur la formation, n’est pas à l’abri d’un "trou" générationnel, en clair ne pourra pas forcément sortir des générations de joueurs aussi fortes. Ce qui serait assez fâcheux pour un club qui a connu ces derniers temps quelques couteux ratés en terme de transfert (cas Eto’o, G.Milito ou Chygrynskiy). Mais un simple regard sur cette énumération de l’âge de certains cadres de la formation actuelle balaie cet argument négatif de la main : Busquets 22 ans, Piqué 23 ans, Pedro 23, Messi 23, Iniesta 26. Impressionnant. Avec ces joueurs là et les jeunes qui poussent (Thiago, Jeffren, Bojan...), c’est l’assurance de voir la tradition perpétuée. Et à l’instar de Guardiola, pourquoi ne pas voir Xavi à la tête de Barcelone dans 10 ans ? À Barcelone, l’utopie du beau jeu et de la performance a encore de beaux jours devant elle.






 

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